Potosi, Potosi... crie desesperement la demoiselle en survetement vert pour remplir son bus... qu'elle finira par remplir. Apres Sajama et son calme absolu, changement radical d'ambiance a Potosi. Nous sommes dans la ville du dur labeur, du travail acharne dans les couloirs de la mort : les mines, et dans la ville de l'argent. Si le reste de la Bolivie en a peu profite, l'Europe en en particulier l'Espagne coloniale et la France s'en sont bien charges. Potosi serait l'origine du capitalisme europeen et de la richesse de notre continent grace aux flux tres importants d'argent decoulant des mines.
Mais les mineurs ont aussi permis a Potosi de devenir un tresor d'architecture baroque inscrit au Patrimoine de l'humanite. Il fait vraiment bon deambuler parmi les ruelles pittoresques aux couleurs chatoyantes et balcons fermes tres travailles, les nombreuses eglises aux devantures baroques, les casas coloniales... Il parait que c'est une des plus belles villes d'Amerique du sud sinon la plus belle... ce qui est sur, c'est que c'est la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde avec ses 4090 metres d'altitude ! On a de la chance, le soleil est avec nous (quelques gouttes orageuses par-ci par-la mais rien de mechant) et on sent juste la fraicheur le soir venu. Heureusement, les 5 couvertures de notre Hostel La compania de Jesus, ancien couvent de carmelites nous tiennent bien chaud !
La Casa nationale de la Moneda fait partie de ce bel ensemble architectural et une visite s'imposait. Ancien Palais de la monnaie et unique lieu de fabrication d'Amerique du sud jusqu'en 1950, il est aujourd'hui un beau musee renove immense consacre evidemment a la fabrication artisanale de la monnaie depuis des lustres mais on y trouve egalement (entre autre) une collection impressionnante de mineraux en tous genres (carbonates, oxydes, sulfates etc = papa, tu adorerais...) et des momies de jeunes enfants tellement bien conservees qu'on dirait des poupees... oups.
Evidemment, on ne peut pas etre a Potosi sans visiter une mine. Il faut dire que la ville est au pied du Cerro Rico (la colline riche) culminant a 4800 metres et qui est trouee de plus de 490 galeries labyrinthiques dans lesquelles 15000 mineurs travaillent d'arrache pied pour tenter de vivre de leur collecte de fer, de cuivre et d'etain. Il paraitrait qu'ils ont encore 200 ans avant que la montagne ne les engloutisse... Profitez-en les gars !
On enfile donc un casque, une combinaison, des bottes et une frontale et nous voila partis avec une guide pour nous deux (pas d'autres francais a l'horizon et c'est beaucoup mieux comme ca !) pour 1/2 journee chez les mineurs. Et bien si vous aviez le cliche du mineur noirci par la suie, travaillant comme un forcene pour sortir des chariots d'1/2 tonne remplis de caillasse a la force des bras, et bien c'est completement ca. Voire pire... On patauge dans la boue, on baisse la tete (et on se cogne) toutes les secondes pour eviter les parois qui degoulinent de sulfate ou d'amiante, les tuyaux fournissant un peu d'air ou des bouts de bois tenant les parois ; on grimpe dans des cavites minuscules, on s'accroche comme on peut ; on mange de la poussiere et quand on fait une pause avec le chef de la cooperative (32 cooperatives gerent cette mine), c'est dans une cavite d'1 metre carre ou il engloutit de la coca plus vite que moi le chocolat en fumant une clope ! Hum... la duree de vie est de 45 ans, on comprend pourquoi... Bref, une visite (en francais, ouf) tres intense et inoubliable version Germinal mais on est aussi vraiment contents de sortir de la !
"Dis Hugo, on reste un jour de plus a Potosi ?" demandais-je ou l'inverse, je ne sais plus. Adjuge, vendu. Il y a encore de quoi fouiner dans cette jolie ville. Direction la Torre de la Compania de jesus (encore !) pour admirer un beau panorama sur la ville et le Cerro puis le Convento Santa Theresa. Ah c'est le choc ! Apres les mines hier, aujourd'hui c'est l'opulence d'ors ! On est ici dans un couvent aristocratique avec une dote d'entree enorme pour la seconde fille de la famille qui etait condamnee a vivre toute sa vie au couvent en parlant 2h par jour maximum tout en brodant des parures pour la Vierge et le Cure, et sans voir personne d'autres que ses collegues. Mais tout autour d'elles, des tableaux de maitres boliviens, de la porcelaine du monde entier, le tout enrobe dans des milliers de feuilles d'or ; le tout pour une valeur inestimable et bien cadenasse, nous dit notre guide...
1h avant, on regardait aux jumelles de la Torre les quartiers pauvres de Potosi qui entourent la ville, ca laisse perplexe... Evidemment en tant qu'Europeen ayant bien participe aux benefices des mines, on peut guere faire la morale. Quoi qu'il en soit, ce sont beaucoup de choses qui s'entrechoquent ces derniers jours...
"Dis Hugo, on reste un jour de plus a Potosi ?" demandais-je ou l'inverse, je ne sais plus. Adjuge, vendu. Il y a encore de quoi fouiner dans cette jolie ville. Direction la Torre de la Compania de jesus (encore !) pour admirer un beau panorama sur la ville et le Cerro puis le Convento Santa Theresa. Ah c'est le choc ! Apres les mines hier, aujourd'hui c'est l'opulence d'ors ! On est ici dans un couvent aristocratique avec une dote d'entree enorme pour la seconde fille de la famille qui etait condamnee a vivre toute sa vie au couvent en parlant 2h par jour maximum tout en brodant des parures pour la Vierge et le Cure, et sans voir personne d'autres que ses collegues. Mais tout autour d'elles, des tableaux de maitres boliviens, de la porcelaine du monde entier, le tout enrobe dans des milliers de feuilles d'or ; le tout pour une valeur inestimable et bien cadenasse, nous dit notre guide...
1h avant, on regardait aux jumelles de la Torre les quartiers pauvres de Potosi qui entourent la ville, ca laisse perplexe... Evidemment en tant qu'Europeen ayant bien participe aux benefices des mines, on peut guere faire la morale. Quoi qu'il en soit, ce sont beaucoup de choses qui s'entrechoquent ces derniers jours...
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