lundi 26 décembre 2011

Salta / Cafayate J+5

Apres le Chili en 4 jours, l'Argentine en 8 ! c'est le 2eme pays de transit avant le Bresil ou l'on finira notre voyage. On arrive donc a Salta, bourgade au joli centre historique mais qui pourrait etre encore plus agreable s'il n'y avait pas tant de circulation et donc de bruit... jour et nuit, meme chose, les rues sont pleines. Pleines de voitures et pleines de pietons... et jusqu'a tard. Il faut dire qu'il fait tellement chaud que tout reouvre a 18h jusqu'a minuit.

On a trois jours devant nous pour decouvrir la region de Salta. Nord ? Sud ? Ouest ? Voiture de location ? Bus ? On opte rapidement pour le bus vu le prix des voitures de location et pour la destination, et bien le choix fut vite regle. Des montagnes au nord, des montagnes a l'ouest, des montagnes et des vignes au sud. Devinez ou nous sommes partis !

Un bus et 4h plus tard d'une route grandiose traversant la Quebrada de las Conchas, nous debarquons a Cafayete, la ville aux vieilles 504 et R12 aux couleurs improbables... mais ville aussi ou l'on fabrique le vin le plus haut du monde (les vignes naviguent entre 1600 et 2700 metres d'altitude) avec des cepages bien francais comme le Malbec et le Tannat, introuvables en France depuis l'epidemie de filoxera en 1970 et un cepage local le Torrentes qui produit un blanc etonnant a la fois tres fruite et sec. S'ajoute a cela des Cabernet Sauvignon, Merlot, Chardonnay et d'un clin d'oeil, on se croirait dans le maconnais !

On a ainsi passe nos journees a se promener au Musee du vin ultra interactif, a la bodega Domingo Hermanos avec visite et degustations, a la Cava del vinos, a El Chato, cave a vin speciale avec "lignes" de degustation, dans les petits restos locaux... on a vite oublie la montagne et nos bonnes resolutions de randonner. Et puis, le temps a vire a l'orage et l'orage en montagne, c'est dangereux :-) !

11 vins differents degustes en 2 jours, 3 kg de viandes chacun (ah... la parillada : barbecue de viandesssss -chorizo, saucisses, poulet, boeuf et mouton-), des bonnes nuits et des siestes pour digerer tout ca... et c'est le retour a Salta la tete bien videe mais le ventre et le foie bien plein. Et on n'a pas encore fete Noel ! Oups...

Noel a Salta, c'est l'auberge espagnole en Argentine : un petit melange de nationalites des residents de l'auberge de jeunesse, de son equipe, un melange de viandes sur le barbecue, un melange de vins rouges, de blancs, de petillants... et c'est le surlendemain seulement qu'on a mis le nez dehors, la tete encore un peu plombee !

On quitte Salta et sa region par un long long long trajet en bus (23h) pour traverser toute l'Argentine du nord et nous retrouver a Iguazu pour decouvrir les plus spectaculaires cascades du continent...

mardi 20 décembre 2011

San Pedro de Atacama J+4

Le chauffeur du bus qui nous fait traverser la frontiere bolivianochilienne nous previent de suite avec un grand sourire : "San Pedro de Atacama, es un pueblo bonito, muy touristico, muy caro (tres beau, tres touristique, tres cher)". Et c'est exactement ca... il aurait pu rajouter "Village vacances ou l'on se croirait au bord de la mer alors qu'on est en plein desert" ou "Village de babacool ou il fait bon vivre quand on a un bon  porte monnaie". 

C'est sur qu'en venant de la Bolivie, ca nous fait tout drole... les chambres d'hotel et les restos sont 3 fois plus chers qu'en Bolivie et le village regorge d'agences proposant toutes les memes expeditions (termes, lagunes, villages typiques et desert) a des tarifs passant du simple au double. Il est ici difficile de bouger par soi-meme si l'on n'est pas adepte du VTT et des pistes tappecul, tout est fait pour se deplacer en groupe et autant dire que ce n'est pas notre type de voyage prefere !

Puisqu'on est la et que le village est somme toute tres agreable et notre hotel a une cuisine, un super jardin avec transat et hamac, on profite de ces quelques jours pour etre nous aussi en vacances et ne pas trop s'agiter dans tous les sens. On profite ainsi du beau temps sec, on fait la cuisine special "verdura", on traine sur l'internet gratuit de l'hotel, on mange des glaces et ca fait du bien ! Et puis il faut dire qu'Hugues sort d'une intoxication alimentaire et je suis en plein dans un gros rhume qui me laisse sans voix donc le repos est aussi le bienvenu.
 

Bon... vu qu'on n'est pas non plus au Club Med et qu'on est venu jusque la, on ne va pas non plus ne rien faire du tout, ce n'est pas trop dans nos habitudes et puis c'est notre seul periple de quelques jours au Chili.

Premiere escapade dans le desert d'Atacama, le plus aride du monde, a la Vallee de la Luna et Vallee de la Muerte, a quelques kilometres seulement de San Pedro. La Vallee de la Luna, c'est la Cordillera de Sal ou plus exactement une chaîne de montagne faite d'un agglomerat de sel issue d'une ancienne lagune de sel devenu salar et de matiere volcanique, melange de sable et de cendre ; une roche tres friable et tres escarpee qui brille au soleil tel du quartz. On se retrouve dans un canyon, on grimpe sur la roche, on visite la mini mine de sel d'ou Juan, notre super guide de l'agence Andes Expediciones (la moins chere de la place), nous extirpe des cristaux de sel transparants comme de l'eau claire qui nous serviront pour la soupe du soir !


On continue vers la Vallee de la Muerte, le vent s'est leve et c'est tempete de sable dans la vallee qui alterne, au bord d'un grand canyon, dunes de sable gris et roches oranges et rouges. On grimpe en haut de la plus grande dune et on en a plein les yeux, sable compris mais le decor est splendide... On termine la journee par le fameux coucher de soleil sur la Cordillera de Sal... On rentre avec du sable incruste partout, jusqu'au bout des orteils, et hop, c'est l'heure de la soupe au cristal de sel !


Hugues l'attendait depuis longtemps... depuis Tecopa aux Etats-Unis ou il a ete completement ebloui par le ciel et sa voix lactee, il scrute le ciel tous les soirs dans l'attente d'un second choc "lacte". Lorsqu'on apprend que la desert d'Atacama reserve des ciels superbes et qu'un astronome francais organise des visites du ciel via des telescopes geants, on court s'inscrire. Peut-etre meme qu'on est a Atacama que pour ca...


Jusqu'au dernier moment, on ne sait pas si la visite aura lieu, le ciel n'a cesse de se charger et se decharger toute la journee, et miracle, a l'heure prevue 21h, le ciel est completement degage. Youhou ! Et c'est parti pour une visite ludique et instructive des etoiles, des planetes, des constellations narree par Alain Maury, l'astronome installe a Atacama qui a installe des telescopes enormes dans son jardin, en plein desert. Dorenavant, on connait tout d'Orion, de Jupiter, de la supergeante rouge, des nebuleuses et des etoiles jumelles !

C'etait une visite express du Chili via Atacama, on file ou plutot on va s'assoir dans un bon bus bien cher chilien durant 9h pour rejoindre l'Argentine...

samedi 17 décembre 2011

Ser Bolivian J+28

Et voila, on quitte la Bolivie apres 4 semaines bien pleines et du meme coup l'empire Inca apres 9 semaines et demi ou on n'a pas fait beaucoup de stripstease malgre le temps qui a plutot ete avec nous (il faut dire que grace a internet, on anticipait le mauvais temps pour l'eviter et ca a plutot bien fonctionne !). Meme si les 2 cultures peruvienne et bolivienne sont proches, on a quand meme repere quelques particularites boliviennes que nous pointons ci-dessous apres avoir epluche les particularites peruviennes il y a quelques semaines...

SER BOLIVIAN :
- Faire baptiser sa voiture par un pretre, au champagne ou a la biere pour les moins fortunes.
- Ne pas mettre de miroir dans les chambres d'hôtels pour ne pas se voir le matin au reveil.
- Pour les dames : faire pipi comme les hommes au bord de la route, en soulevant sa jupe !
- Utiliser les bus pour faire des reunions tupperwar ou l'on peut acheter complements alimentaires ou une brosse a dent.
- Etre a la mode musicale avec Alphaville et les tubes des annees 80 et 90... aîe...
- Monter toutes les portes a 1,75 cm
- S'arreter systematiquement manger au restaurant lors de trajet de bus de minimum 4h
- Monter des tas de murs servant de delimitations alors qu'il n'y a rien a mettre dedans, ni culture, ni elevage.

vendredi 16 décembre 2011

Salar d'Uyuni / Sud Lipez J+3

Cette region du sud de la Bolivie se merite car les routes sont mauvaises et bien longues, mais que de beautes naturelles !
Depart d'Uyuni dans un 4/4 flambant pas neuf avec a son bord Fabio chauffeurguidemecanicien, Marta cuisiniere, Frances et Claudia Suissesses Allemandes, Marcella et Mat australiens, et nous-memes. Soit 8 personnes et pas moins de 4 langues pour se parler... facile non ?!


La premiere journee est consacree au Salar d'Uyuni, vaste desert de sel de plus de 12000 m2. Au dessus de nos tetes, un beau soleil et tout autour de nous, des orages... hum... il parait que le Salar est superbe dans l'eau. On embarque, on file, on s'arrete au cimetiere des trains, on repart, visite de l'hotel de sel, trop de monde, on decide d'aller se planter au milieu du Salar pour manger, et c'est la que nous sommes devenus le groupe des culs blancs pour 3 jours. Et oui, le sel, c'est blanc et c'est mouille... erreur de debutant du Salar !

Plus on avance dans le Salar, plus Fabio devenir taciturne ... il fait dire que l'on passe d'un sol sec a 5cm d'eau puis 10cm, 15cm... C'est effectivement incroyablement beau. Mais Fabio s'arrete. D'un air grave, il nous annonce qu'il va falloir faire demi-tour, meme s'il fait un temps magnifique pour le moment, l'orage va forcement nous tomber dessus car on va droit dessous et on ne pourra plus traverser... et apparemment tomber en panne au milieu du Salar ne le fait pas tellemet tripper !! Bon... on est un peu depite car il faut oublier la visite des iles Pescado et Inca Huasi et leurs cactus geants en plein Salar mais de toute facon, on n'a pas bien le choix... on se retrouve donc au point de depart a Uyuni quelques heures plus tard puis nous descendons vers le Lipez  par une route qui longe le Salar pour arriver dans un refuge d'occasion pour passer la nuit. Comme on n'est pas attendu, on retrouve Marta en train de faire la cuisine a la bougie dans sa chambre et on finit enfin par manger a 21h...

On est en forme le lendemain pour descendre dans le Sud Lipez et c'est absolument grandiose... on passe de lagunes de toutes les couleurs au desert, on tombe en panne (parce qu'il le fallait bien) au milieu de nulle part ou l'on se prend une belle mini tornade de sable comme nous en verrons souvent, bref, les photos parlent d'elles-memes... Soiree multilingue arrosee au vin rouge local bien piquant, nuit ultra courte car reveil a 4h du matin pour filer aux geysers "Sol de la mañana" a l'ambiance magique qui valent vraiment le reveil a 4h, enchainement d'autres lagunes lunaires jusqu'au desert de Dali ou les montagnes ont des couleurs chamarees telles les tableaux de Dali evidemment. Et puis la frontiere Chilienne... et hop, on change de pays en 3 secondes et on quitte la region la plus belle de Bolivie qui restera indeniablement dans nos memoires avec le fameux periple au Sajama...

lundi 12 décembre 2011

Sucre J+3

Sucre... la ville de la gourmandise... elle porte vraiment bien son nom ! On y trouve du chocolat local (tres rare depuis Cuzco), des etals de fruits et legumes au marche central qui donnent envie de ne manger que ca (et c'est ce qu'on fait grace a la cuisine mise a dispo et degustation dans le jardin de notre hotel), et toujours au marche, des salades de fruits gargantuesques avec chantilly et yaourt ! Ahhhhh... ca change un peu du pouletrizpapates traditionel !

A Sucre, on a decide de se la jouer zen et tranquille, on se balade dans les rues coloniales toutes blanches bien agreables, et on abandonne au fur et a mesure les visites de musees prevues, on a besoin de se vider un peu la tete avant d'entamer notre periple si attendu au Salar d'Uyuni. On a quand meme fait le fameux deplacement du dimanche jusqu'a Tarabuco (3h de bus A/R !) ou un superbe marche nous a fait decouvrir l'artisanat indigene. Des tissus, textiles, tentures absolument magnifiques tisses a la main durant des mois... trop cher pour nous, on s'est juste achete 2 sets de tables !

Et puis, en ce moment on passe beaucoup de temps sur le net pour preparer la suite du voyage : quelques jours seulement au Chili et en Argentine (cultures differentes = fonctionnement different) puis 3 semaines au Bresil alors que l'on tombe en pleines vacances scolaires avec un budget tres tres serre pour nous. Heureusement, j'ai reussi a echange dans un hotel un pauvre bouquin contre le Routard 2011 du Bresil, on a enfin des infos claires qui nous permettent d'envisager la suite et fin du voyage sous les cocotiers !

Un petit chorizo chaud au marche (que l'on a goutte avant hier et c'est tellement bon qu'on s'en refait un aujourd'hui, 10 bolivianos = 1 euro), recuperation de la lessive propre, une visite a l'Alliance francaise, la reservation du periple a Uyuni avec une agence et on ne sait pas encore laquelle, reconfection des sacs et demain matin, nous partons pour 9h de bus direction Uyuni par une route/piste avant de monter dans un 4/4 pour 1000 km de pistes en tous genres a travers le desert de sel et les lagunes multicolores, pour finir a San Pedro de Atacama au Chili vendredi soir. Il ne nous reste que quelques jours en Bolivie mais ils devraient etre spendides... Prochain post a notre arrivee au Chili !

jeudi 8 décembre 2011

Potosi J+4

Potosi, Potosi... crie desesperement la demoiselle en survetement vert pour remplir son bus... qu'elle finira par remplir. Apres Sajama et son calme absolu, changement radical d'ambiance a Potosi. Nous sommes dans la ville du dur labeur, du travail acharne dans les couloirs de la mort : les mines, et dans la ville de l'argent. Si le reste de la Bolivie en a peu profite, l'Europe en en particulier l'Espagne coloniale et la France s'en sont bien charges. Potosi serait l'origine du capitalisme europeen et de la richesse de notre continent grace aux flux tres importants d'argent decoulant des mines.

Mais les mineurs ont aussi permis a Potosi de devenir un tresor d'architecture baroque inscrit au Patrimoine de l'humanite. Il fait vraiment bon deambuler parmi les ruelles pittoresques aux couleurs chatoyantes et balcons fermes tres travailles, les nombreuses eglises aux devantures baroques, les casas coloniales... Il parait que c'est une des plus belles villes d'Amerique du sud sinon la plus belle... ce qui est sur, c'est que c'est la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde avec ses 4090 metres d'altitude ! On a de la chance, le soleil est avec nous (quelques gouttes orageuses par-ci par-la mais rien de mechant) et on sent juste la fraicheur le soir venu. Heureusement, les 5 couvertures de notre Hostel La compania de Jesus, ancien couvent de carmelites nous tiennent bien chaud !

La Casa nationale de la Moneda fait partie de ce bel ensemble architectural et une visite s'imposait. Ancien Palais de la monnaie et unique lieu de fabrication d'Amerique du sud jusqu'en 1950, il est aujourd'hui un beau musee renove immense consacre evidemment a la fabrication artisanale de la monnaie depuis des lustres mais on y trouve egalement (entre autre) une collection impressionnante de mineraux en tous genres (carbonates, oxydes, sulfates etc = papa, tu adorerais...) et des momies de jeunes enfants tellement bien conservees qu'on dirait des poupees... oups.

Evidemment, on ne peut pas etre a Potosi sans visiter une mine. Il faut dire que la ville est au pied du Cerro Rico (la colline riche) culminant a 4800 metres et qui est trouee de plus de 490 galeries labyrinthiques dans lesquelles 15000 mineurs travaillent d'arrache pied pour tenter de vivre de leur collecte de fer, de cuivre et d'etain. Il paraitrait qu'ils ont encore 200 ans avant que la montagne ne les engloutisse... Profitez-en les gars !

On enfile donc un casque, une combinaison, des bottes et une frontale et nous voila partis avec une guide pour nous deux (pas d'autres francais a l'horizon et c'est beaucoup mieux comme ca !) pour 1/2 journee chez les mineurs. Et bien si vous aviez le cliche du mineur noirci par la suie, travaillant comme un forcene pour sortir des chariots d'1/2 tonne remplis de caillasse a la force des bras, et bien c'est completement ca. Voire pire... On patauge dans la boue, on baisse la tete (et on se cogne) toutes les secondes pour eviter les parois qui degoulinent de sulfate ou d'amiante, les tuyaux fournissant un peu d'air ou des bouts de bois tenant les parois ; on grimpe dans des cavites minuscules, on s'accroche comme on peut ; on mange de la poussiere et quand on fait une pause avec le chef de la cooperative (32 cooperatives gerent cette mine), c'est dans une cavite d'1 metre carre ou il engloutit de la coca plus vite que moi le chocolat en fumant une clope ! Hum... la duree de vie est de 45 ans, on comprend pourquoi... Bref, une visite (en francais, ouf) tres intense et inoubliable version Germinal mais on est aussi vraiment contents de sortir de la !

"Dis Hugo, on reste un jour de plus a Potosi ?" demandais-je ou l'inverse, je ne sais plus. Adjuge, vendu. Il y a encore de quoi fouiner dans cette jolie ville. Direction la Torre de la Compania de jesus (encore !) pour admirer un beau panorama sur la ville et le Cerro puis le Convento Santa Theresa. Ah c'est le choc ! Apres les mines hier, aujourd'hui c'est l'opulence d'ors ! On est ici dans un couvent aristocratique avec une dote d'entree enorme pour la seconde fille de la famille qui etait condamnee a vivre toute sa vie au couvent en parlant 2h par jour maximum tout en brodant des parures pour la Vierge et le Cure, et sans voir personne d'autres que ses collegues. Mais tout autour d'elles, des tableaux de maitres boliviens, de la porcelaine du monde entier, le tout enrobe dans des milliers de feuilles d'or ; le tout pour une valeur inestimable et bien cadenasse, nous dit notre guide...

1h avant, on regardait aux jumelles de la Torre les quartiers pauvres de Potosi qui entourent la ville, ca laisse perplexe... Evidemment en tant qu'Europeen ayant bien participe aux benefices des mines, on peut guere faire la morale. Quoi qu'il en soit, ce sont beaucoup de choses qui s'entrechoquent ces derniers jours...

lundi 5 décembre 2011

Sajama J+3

N'ayant pas pu aller a Sorata (un des plus beaux villages du pays) situe en pleine Cordillere Royale a 3h00 au nord-est de La Paz, nous profitons d'une fenetre de beau temps pour nous rendre 3 jours dans le Parc National de Sajama et dans le village du meme nom. A 05h00 au sud-ouest de la capitale bolivienne, et apres un changement de monture a Patacamaya (sur la route d'Oruro, et ou il est judicieux de faire des provisions), nous sommes alors a quelques kilometres de la frontiere chilienne, sur la route d'Arica, ou nous pourrons nous refugier au bord du pacifique si le temps tourne au vinaigre.

Sajama est un tout petit bled perdu sur une large pampa perchee a 4250m, et dans lequel on s'attend a croiser Clint Eastwood ou Lee Van Cleef a chaque coin de rue. Le village est entoure de plusieurs volcans de + de 6000m dont le Sajama et le Parinacota ; nous sommes en effet sur la Cordillere Occidentale, exclusivement constituee de volcans (comme le Chachani bien plus au nord d'ailleurs, pour ceux qui suivent), contrairement aux Cordilleres Centrale (au N-E) et Orientale (a l'Est), qui elles, sont rocheuses.
Ici, c'est le calme quasi-absolu parmi les 2 ou 300 ames qui vivent, et les rares touristes (- de 10) n'ont aucun mal a se loger. En revanche, il faut bien prevenir a l'avance si l'on veut diner ou dejeuner dans un commerce, sinon, c'est ceinture !! Dans le coin, c'est pampa a perte de vue, montagnes colorees, ciel pur, troupeaux de lamas et d'alpagas, +35'C au soleil, 0'C la nuit. Les locaux proposent des excursions en 4*4 pour des geysers, lacs d'altitude, piscines naturelles, ascencions... nous ferons notre programme a pied.

Le premier matin, nous marchons en direction des eaux thermales (piscines naturelles a +35'C au coeur de la pampa). 15 kms d'une marche sur piste, bord de riviere et a slalomer entre les lamas, ponctuee par une baignade inoubliable au pied du Sajama qui culmine a 6540m. Les photos parlent d'elles meme... Sur le retour, nous benissons les 3 parts de gateau au mais et les 4 bananes ramenees de La Paz, car tout est ferme 45 km a la ronde !!

Le lendemain, c'est armes de 4 litres d'eau, de pain, de gateaux secs et d'une boite de thon que nous partons sur les contreforts du Sajama. Le temps est splendide. Un long faux-plat nous chauffe les jambes et nous fait oublier que l'on est a 4400m, alors que les raidillons suivants, dans cette poudre volcanique meuble a travers la plus haute foret de quinoa du monde, produiront l'effet exactement inverse. A 4700m le souffle est court et on  patauge un peu dans la semoule au sens propre. Le Sajama disparait un peu derriere ses arretes en contrebas, mais la vue sur la pampa et les volcans chiliens est superbe. Aux abords de 5000m l'horizon se degage un peu plus meme si on est loin du 360'. Cette altitude honorable permet a Elo de justifier joyeusement les efforts fournis ! La descente se deroule super bien sur ce terrain souple, mais on arrive bien vanes par le vent, le soleil et l'altitude, Elo ne finira meme pas sa biere !

Nous faisons alors nos sacs pour la whatmillieme fois et nous nous preparons alors aux 12h de trajet qui nous menerons le lendemain 680 km plus au Sud-est, a Potosi, nommee Ville Imperiale par Charles Quint pour la richesse incomensurable de ses mines de cuivre et d'argent.

jeudi 1 décembre 2011

Tiwanaku, La Paz J+4

La Paz, capitale de la Bolivie, tient dans la main quand on monte a l'un des nombreux miradors qui permettent d'admirer toute la ville rouge brique. On passe de 3200 a 4000 en une seule ville, du centre historique et des quartiers riches aux quartiers les plus pauvres en hauteur. Autant dire qu'ici, le nombre d'escaliers et de ruelles qui grimpent est impressionnant. La bonne nouvelle est qu'il n'y a quasiment pas de pollution car tous les vehicules publics, et ils sont nombreux, la majorite meme entre les mini, les micros, les taxis, les trufis, les bus etc... roulent au gaz ! On circule donc en mini ou a pieds, sur les trottoirs encombres par les etals, il y a en effet des marches ouverts partout, la rue est un immense marche a ciel ouvert !

On s'attendait a avoir froid, on a un temps superbe avec ciel degage sur l'Illimani qui culmine a 6462 metres.
Entre balades dans le quartier colonial, les multiples marches en tous genres, les nombreux musees (on en a visite 6, bon d'accord, ils se visitent en 1/2 heure), la degustation quotidienne et traditionnelle des salteñas a 11h (sorte de croissants fourres a la viande et aux legumes delicieux), le shopping d'artisanat local, les jours passent trop vite, on a meme decale notre depart de 2 jours...

On a quand meme fait un aller retour au site archeologique de Tiwanaku (4h de minibus bien tappecul !), beaucoup moins impressionnant que les sites peruviens... il faut quand meme dire que les ruines ont 800 ans de plus et que c'est la premiere origine repertoriee de l'empire inca. A retenir : les monolythes et la belle porte du soleil que l'on a vu en vraie et c'est beaucoup mieux qu'en miniature sur les etals des vendeurs de babioles !

Demain matin, on part normalement pour Sajama, un parc national montagneux delaisse des touristes mais apparemment splendide. Enfin je dis normalement car il n'y a pas qu'en France qu'il y a des greves continuelles, les boliviens nous battent ! Et en ce moment, ils bloquent tous les jours des terminaux de bus et des peages, chaque jour un blocage different. Leurs revendications : continuer de pouvoir faire de la contrebande pour survivre... et oui, avec le tarif de gaz a moitie prix du tarif international, beaucoup de gens arrondissent leurs fins de mois en en vendant au Chili et au Perou, du coup, chaque augmentation de prix  est l'occasion d'une protestation nationale. On en est pas encore a negocier les retraites ici !