Nous avons fait de nombreuses randonnees dans les pays visites, a la journee ou de plusieurs jours. Les randos a la journee sont decrites dans le carnet de route au fil du voyage, seules les randos de 2 jours minimum sont detaillees ici, il ne s'agit donc que des treks realises au Perou.
1 / CANYON DE COLCA
2 / VOLCAN CHACHANI
3 / TREK DE LARES
4 / TREK SANTA CRUZ
1 / CANYON DE COLCA - 4 jours avec 2 jours de trek - 10 au 14 novembre 2011 (ecrit par Elo)
La question qui nous vient tout a coup a l'esprit durant le trek est : serions-nous masochistes ?
Petit retour en arriere. Tout le monde nous a dit : vous marchez... allez a Colca, canyon incontournable au Perou. OK, on y va. On se debrouille seul, sans agence, on prend nos tickets de bus pour Cabanaconde.
On s'eternise et on change notre fusil d'epaule. On abandonne Tapay et ses 2h de rando supplementaires pour demain et on continue notre ascension jusqu'au village de Cosinhua pour trouver un lit pour la nuit. Et bien non, on ne trouve rien ! C'est un village fantome du Far West avec des cactus et des maisons vides... on continue jusqu'au village suivant Malata, et ouf, on trouve l'hotel Malata a l'unique chambre. C'est exactement ce qu'il nous fallait !
Autour d'une bonne biere reparatrice (heu....), on se demade si on ne serait pas un peu blase des canyons tellement on en a vu des grandioses aux USA. Et celui-la, malgre sa faille d'une centaine de kilometres et sa profondeur (jusqu'a 3500 metres), nous laissent pour le moment assez dubitatifs.
JOUR 3 : Une bonne nuit de sommeil et 2 pancakes delicieux plus tard, on reprend la route. On a vraiment la sensation de s'etre trompes d epays ! Serions-nous dans le desert du Nevada ? non non au Perou. On amorce la descente "cactutisee" jusqu'a Sangale, l'oasis ou nous attend une piscine d'eau thermale (j'en reve depuis 2 jours). Le chemin debute agreablement, on a une vue superbe sur le canyon et la vallee, puis au fur et a mesure, on retrouve le sentier "caillouteux-poussiereux" mais l'oasis approche.
Je trempe dans une eau a 25 degres pendant qu'Hugues profite d'une sieste a l'ombre (il fait chaud), on dejeune rapidement (l'attente fut longue), pas le temps de digerer l'Alpaga-petits pois-carottes qu'il faut penser a remonter, penser au calvaire qui nous attend ! 1200 metres de denivellee, raide comme la justice, sur le meme type de sentier que l'on aime tant ! Et c'est la ou notre question existentielle en introduction de ce texte est apparue...
Un chrono dans la tete de 3h30, et c'est parti. On ne reflechit pas, on ne rale pas, on ne fait pas demi-tour pour retourner tremper, on avance ! 3h plus tard, on est en haut, meme pas de pause de plus d'une minute pour reprendre son souffle. On est cuits mais finalement la montee n'a guere ete plus fatigante que la descente !On a quand meme notre dose de poussiere et de cailloux pour un bon bout de temps !
On finit la soiree avec une bonne bouteille de rouge chilien et une bonne grosse pizza parce qu'on le vaut bien !
JOUR 4 : on continue la decouverte du canyon mais d'une maniere beaucoup plus relax... On prend un bus pour Yanque, dernier village avant Chivay, la ville du canyon, et cette fois on choisit notre place ! 2h de pistes poussiereuses (encore !) qui nous convainquent definitivement de la beaute du canyon. Des terrasses sur les flancs, passant par des tons chamares de jaunes aux verts, descendants sur toute la hauteur du canyon. Des vues vertigineuses de plus de 2000 metres parfois.
On s'arrete a Yanque ou nos muscles endoloris vont se detendre dans des piscines chaudes d'eau thermale. Un vrai bonheur jusqu'au bout de nos doigts palmes ! Les bains sont en plus situes dans un site assez magique, au bord du Colca, entoures par des montagnes et un pont type pont romain etonnant. Ici, il n'y a que des locaux, les touristes sont aux bains de Chivay trois fois plus chers !
Derniere soiree a Yanque ou notre hotesse du Bella Flor nous laisse cuisiner une soupe car on est dimanche et tout est ferme. Et hop, demain, un bus Chivay-Puno qui laissera le 2eme canyon le plus profond du monde derriere nous.
COTE BUDGET (pour 2 - 4 jours/4 nuits, depart Arequipa, arrivee Puno) :
- Bus Arequipa / Chivay 32s (9 euros), par la compagnie Andaloucia
- Boletos touristico 70s (20 euros)
- Hebergements (Cabanaconde 2x50s avec petit dejeuner, Malata 52s avec diner et petit dejeuner, Yanque 50s avec petit dejeuner) soit 200s (55 euros)
- Dejeuners San Juan et Sangale 40s (11 euros)
- Divers (repas du soir) 20 euros
- Bus touristico Chivay/Puno 190s (53 euros), compagnie 4M express (pas le choix, c'est le seul bus qui fait ce trajet)
Total : 168 euros / 84 euros par personne
2 / VOLCAN CHACHANI - 2 jours/1 nuit - 6 & 7 novembre 2011 (ecrit par Hugues)
Elo m'avait dit que vers Arequipa, il y a quelques volcans de 5500m faciles a grimper, dont un 6000... "ben voyons" me dis-je. N´empeche qu´a peine arrives a l´hotel, j´entends un gars parlant d´aller sur le Chachani a 6075m et le patron de l´hotel me brancher sur le Misti a 5800m et des bananes. ´tain mais ils ont bien vu que je suis pas taille pour l´iron-man et que j´ai pas de matos !?!? ou alors c´est qu´un 6000 facile, c´est pas une legende... Alors okay, banco, direction l´agence de trek avec Jerome, et on signe pour le Chachani, depart demain 8h30 pour 3h30 de trajet.
Le 4x4 nous a valeureusement hisse aux abords de 5000m, ce qui va quand meme beaucoup nous faciliter la tache, a Alfi (notre guide), Jerome et moi. Avec le poids de la tente, du duvet, des 5L d´eau et des vetements chauds, on sent bien les 50% d´air manquants des les premiers pas sur le sentier rocailleux qui nous mene a un replat a 5200m, lieu de notre bivouac.Il est alors 14h00. Phenonenes notoires : au soleil il fait tres chaud, a l´ombre tres froid. Il n´y a pas du tout d´eau dans tout le secteur, et seuls quelques plantes pionnieres poussent sur les rochers.
Nous dinons a 17h00 d´une coupe de pates, puis de pates tout court. La nuit tombe, c´est alors chacun dans son duvet car il fait vite autour de 0. Debute alors un long repos sans sommeil qui se termine par un grand "Desayuno Amogos" lance par Alfi a 01h15 alors que j´etais a 2 doigts de m´endormir.(sic).
Allez Hop !! on bataille pas, on se dit qu´on est pas la pour tricoter, et on enquille la marche avec le bonnet, la frontale, et un sac charge au minimum. Notre progression est lente mais reguliere, Alfi sifflote alors que nous restons bien bien attentifs a notre souffle. La quasi pleine lune brille comme
un phare, elle rougiera comme le soleil a son coucher vers 04h00. Nous devons etre a 5500m. L´absence de lune nous plonge dans un pur bonheur sideral : jusqu´au lever du jour a 05h00, nous flottons dans un bain d´etoiles.
Nous progressons toujours lentement ; notre souffle se raccourci encore un peu. Nous sommes a 5700m, ce qui constitue pour Jerome et moi un vrai palier. Alfo commence a chantonner du quechua.
Le vent se leve avec le jour. Il est assez fort et fait chuter la temperature. L´eau gele d´ailleurs a l´interieur des sacs, il doit faire -10. Nous aurons du coup froid aux mains et aux pieds jusqu´a ce que le soleil depasse le sommet que nous apercevons enfin ; nous "attaquons" en effet les 200 derniers metres qui s´avereront bien les plus difficiles. Le terrain y est un melange de sable et de gravier, degeneressances des scories du volcan, et dans lequel le pied s´enfonce en noud faisant perdre une precieuse energie.
Mais a 08h00, c´est enfin le sommet avec ses vestiges de glace et sa vue sur des dizaines de km a la ronde. Un moment pour savourer et se remercier mutuelement puis c´est le temps pour une descente unique : Alfi nous dirige tout droit dans un couloir vertigineux de 800m de haut que j´aurais peut-etre hesiter a faire a ski. Une fois lances, nous nageons debout dans cette semoule de gravier
qui nous en a tant fait baver a l´aller...
Nous ne mettrons qu´une heure pour rejoindre le campement, puis une autre pour le 4x4, bien fatigues, mais super contents !
COTE BUDGET :
Agence Quechua Aventures a Arequipa : 250s/personne (70 euros)tout compris (materiel, trajets, diner et petit dejeuner) pour 2 participants.
JOUR 2 : Ronale tapote a la tente vers 6h45, on se leve sans trop de difficulte pour preparer le petit dejeuner et le mate coca que nous prenons ensemble. Puis, allez vite, on fait la vaisselle, on remballe la popotte, les sacs de bouffe, le "lit" et les fringues pendant que Ronale demonte la tente et charge les mules au fur et a mesure.
Ce coup-ci, on part devant pour une longue marche de 14km entre 3760 et 4250 metres dans un fond de vallee rectiligne entre terre et cîmes. Le pas leger, nous bordons lacs et zones humides alimentees par de multiples cascades. Le Talliratu a plus de 6000 metres ponctue le fond de la vallee, et c'est sous l'Alpamayo (la plus belle montagne du monde selon les locaux) sur notre gauche, que commence la difficulte du jour, une marche de 300 metres de haut qui nous paraitra, avec l'altitude, bien plus difficile que le raidillon de la veille.
Le mal des montagnes s'en prend a Elo ; perte de peps, legere nausee mais surtout un mal de tete a faire palir un migraineux : plusieurs barres en travers du cerveau semblent vouloir eclater a chaque pulsation cardiaque, et chaque appui precipite l'organe a se liquefier contre la boite cranienne. Ouais, de la bonne migraine des familles ! Moi ca va, c'est arrive au camp, apres l'effort, que ma tete me fera gouter a son potentiel de douleur. 2 ibuprofenes, 2 heures, 2 tasses de mate coca plus tard, et hop, pleine forme pour aller se laver l'essentiel dans l'eau du ruisseau qui sort du glacier situe 400 metres plus haut. Aïe, ca pique un peu, et on se lave morceau apres morceau. Elo, plus delicate, preferera se rafraichir grace a une casserole d'eau chauffee sous la tente. Bien soulages, on decide de faire a manger avant la tombee de la nuit vu qu'on ne fera pas de feu ce soir et qu'on a qu'une lampe frontale. Ronale est bien content de voir qu'on a 2 poulets rotis, des pates, des soupes, du fromage, des fruits, et plein de pain. On cuisine et on vit a 4 pattes sous la tente ce qui nous aide moyennement a nous decontracter les muscles, mais bon, on va bien dormir ce soir, et demain, c'est la grande recompense.
La nuit est tombee depuis 1h, ce qui a automatiquement mis le chien en mode "j'aboie fort, inlassablement et interminablement pour vous montrer que je peux proteger le camp, et je vous emmerde". On met les boules quies, on applique la methode zen ; rien n'y fait, meme pas l'enorme coup de pied au cul que j'ai mis au chien de 34 centimetres. Il est peut-etre 1h du matin, le chien s'est arrete de japper 1mn 48sec en tout. Il est 3h, le chien, qui appartient a un type de Cachapampa qui doit etre bien content de le voir partir avec chaque groupe de randonneurs, a perdu haleine, ou la vie (peut-etre etrangle par la dame espagnole de l'aute groupe). Nous pouvons dormir quelques heures en revant du magnifique spectacle qui nous attend au reveil.
JOUR 3 : 6h30 : il neige. Apres 3h de sommeil et la mine defaite, on ne voit rien des sommets qui nous entourent. C'est le debut de notre premiere bonne journee de merde. On a du mal a decoller et on emmene la popotte toute sale de la veille. Apres 2 urgences toilettes en 15mn pour Elo, on part a 8h30 sous le gresil change en pluie glacee ; j'ai bien fait de faire l'impasse sur ma cape de pluie et un pantalon de rechange, j'ai les jambes trempees jusqu'au slip.
Elodie, quant a elle, cumule les handicaps : mal des montagne (nous sommes a 4400m), debut de tourista, yeux colles par les lentilles oubliees d'enlever la veille. La progression est lente et douloureuse, mais bon, on ne peut ni rester ici, ni faire demi-tour, alors on tente de mettre le peu de cerveau disponible en mode militaire c'est-a-dire "imagine que tu es a la plage et marche". A 4500m, c'est le soulagement, la pluie se retransforme em gresil, et arrete du coup d'imbiber nos pantalons, ca fait du bien.
On imagine alors la beaute qui doit nous entourer. Et c'est ainsi que nous atteignons courageusement l'altitude honorable de 4750m du col de Punta Union : le vent souffle alors une petite photo vite fait et on circule, y'a rien a voir, les pitons glaces comme des mikos sont pour les passagers aeriens ; je retiens mes larmes.
Contents de ne plus avoir l'impression de respirer a travers une paille, nous abordons une descente disons, delicate. Le gresil redevient rapidement pluie et detrempe froidement nos pantalons qui avaient pu secher a la chaleur de nos cuisses. Je chute alors sur une dalle de pierre trempee me rappelant que j'avais bien une fesse droite. Apres 40mn de descente glissante, la pluis cesse enfin, on en profite alors pour faire une pause dejeuner. On repart sous une bise qui seche nos pantalons, et boum, re-la pluie, puis une eclaircie puis une pluie froide et soutenue qui nous trempe jusque aux os, orteils compris, pendant les 2 dernieres heures de descente. On pense alors a tous les amis qui revent d'etre a notre place, hein les gars ?
Nous croisons alors Ronale qui remonte a notre rencontre sous une bache en plastique bleue, le goretex local. Comme il tombe bien notre ami Ronale ! Il nous annonce que le bivouac est compromis (ah bon ?, tu crois ?) et qu'il nous emmene dans un refuge en dur. Ahhhhhhhhh........... on est mieux au sec et dans un lit qu'a faire cuire la soupe un genou dans une flaque et en se demandant comment faire secher nos vetements. La "chambre" est bien sale et pleine de bestioles mortes et vives, mais qu'est-ce qu'on est content ! Du coup, a 20h15, on dort. Quelle belle journee de merde !
JOUR 4 : bien requinques, on part sous un ciel variable direction Vaqueria ou un collectivo passe a 10h, il y a 2h30 de marche. On decolle a 8h15, c'est chaud. Elodie, qui s'attend a une descente douce ne dit rien pendant le 1er raidillon de 100m, c'est pas bon signe. Elle jettera ses batons en disant "j'en ai plein le C.. !" au cours du 2eme raidillon de 250m, en suant sous sa doudoune...
Allez ! on est a Vaqueria, il est 9h55. Fin du trek dans sa composante terrestre, il faut maintenant retourner a Caraz en collectivo, cela prend normalement 3h, nous en mettrons 5. En effet, a 10h, le collectivo arrive de l'autre sens, il nous invite tout de meme a monter pour etre sur d'avoir une place au retour. On dit au revoir a Ronale et direction le terminus ou l'equipage prend son dejeuner et charge 18 personnes dans 10m2. Et nous voici au point de depart 2h15 plus tard, on peut enfin rentrer par une route, pardon, une piste, tres... andine. Nos fessiers ont suivi une longue sinusoïde irreguliere ponctuee par une multitudes de rencontres avec la banquette. Passe le col a 4767m, nous entamons une descente vertigineuse sur Yangay. Elodie prie que le chauffeur ne soit pas suicidaire a la vision des peut-etre 40 lacets que l'on apercoit de temps en temps a travers le brouillard. Je me dis quant a moi que je la ferais bien a ski, puis non, elle est trop raide. On prend notre mal (de fesses) en patience et rentrons a la maison, dans notre chambre au dessus du marche. Il est 17h, on pose le matos chez Not'man, une douche meme pas chaude, une soupe, et au lit, on l'a pas vole !
- Location du materiel 240s
- 1 muletier + 2 mules 300s (pour 5 jours, 1 jour retour)
- 2 entrees du Parc National 130s
- Nourriture 120s
- Trajets en collectivo Caraz-Cachapampa Vaqueria-Caraz 54s
- Nuit en refuge 20s
soit 864s, environ 240 euros pour 2.
Pour info, partir en autonomie aurait coute environ 90 euros, et par agence 400 euros.
Allez Hop !! on bataille pas, on se dit qu´on est pas la pour tricoter, et on enquille la marche avec le bonnet, la frontale, et un sac charge au minimum. Notre progression est lente mais reguliere, Alfi sifflote alors que nous restons bien bien attentifs a notre souffle. La quasi pleine lune brille comme
un phare, elle rougiera comme le soleil a son coucher vers 04h00. Nous devons etre a 5500m. L´absence de lune nous plonge dans un pur bonheur sideral : jusqu´au lever du jour a 05h00, nous flottons dans un bain d´etoiles.
Nous progressons toujours lentement ; notre souffle se raccourci encore un peu. Nous sommes a 5700m, ce qui constitue pour Jerome et moi un vrai palier. Alfo commence a chantonner du quechua.
Le vent se leve avec le jour. Il est assez fort et fait chuter la temperature. L´eau gele d´ailleurs a l´interieur des sacs, il doit faire -10. Nous aurons du coup froid aux mains et aux pieds jusqu´a ce que le soleil depasse le sommet que nous apercevons enfin ; nous "attaquons" en effet les 200 derniers metres qui s´avereront bien les plus difficiles. Le terrain y est un melange de sable et de gravier, degeneressances des scories du volcan, et dans lequel le pied s´enfonce en noud faisant perdre une precieuse energie.
Mais a 08h00, c´est enfin le sommet avec ses vestiges de glace et sa vue sur des dizaines de km a la ronde. Un moment pour savourer et se remercier mutuelement puis c´est le temps pour une descente unique : Alfi nous dirige tout droit dans un couloir vertigineux de 800m de haut que j´aurais peut-etre hesiter a faire a ski. Une fois lances, nous nageons debout dans cette semoule de gravier
qui nous en a tant fait baver a l´aller...
Nous ne mettrons qu´une heure pour rejoindre le campement, puis une autre pour le 4x4, bien fatigues, mais super contents !
COTE BUDGET :
Agence Quechua Aventures a Arequipa : 250s/personne (70 euros)tout compris (materiel, trajets, diner et petit dejeuner) pour 2 participants.
3 / TREK LARES - 4 jours/3 nuits incluant le Machu Picchu - du 31 octobre au 3 novembre 2011 (ecrit a 4 mains)
Dans la region de Cuzco et du Machu Picchu, quelques possibilites de treks s'offraient a nous MAIS :
- Hugues avait deja fait le Salkantay l'an passe
- Le Camino del Inca en version 2 et 4 jours etait complet pour un petit bout de temps
- Avec la meteo incertaine de ce debut de printemps et ses pluies inopinees, et la deconvenue de Punta Union lors du trek Santa Cruz, on a abandonne l'idee d'aller a Choquequirao qui necessait un certain effort physique (7h de marche par jour avec beaucoup de denivelee positive et negative) sur une periode assez longue (4 jours + les trajets).
- Ne restait donc que le trek de Lares, dans la Vallee Sacree partie est. Et ca tombait bien car il avait toutes les particularites que nous recherchions : moins sportif et plus culturel avec la traversee de villages typiques incas et la rencontre avec les populations quechua, le trek est prevu sur 3 jours (ou l'on grimpe quand meme a 4600m ) et le final, le 4eme jour est la visite du Machu Picchu, incontournableet point d'orgue de la visite de la region et de la Vallee Sacree.
On dit donc banco a Fidel de l'agence Landscape (ou Expedition Choquequirao, on ne sait pas bien...) qui nous propose un prix et des prestations qui nous conviennent. On doit partir jeudi, c'est reporte au lundi suivant et l'on se retrouve finalement dans un groupe de... 2 ! C'est a dire nous, seulement. On a donc un trek prive tout organise rien que pour nous... ca va nous faire des vacances compare au Santa Cruz ou il fallait tout gerer, meme fatigues et sous la pluie. On rencontre la veille de partir notre guide, Edui qui nous raconte les jours a venir... et hop, c'est parti !
JOUR 1 : Il est 4h du matin et nous sommes reveilles depuis 1h de peur de rater la sonnerie du reveil (il est tout neuf), on saute dans nos pantalons, une part de tarte a la banane et direction la Plaza San Blas ou l'omn passe nous prendre a 4h30 pour monter a Lares. Le temps passe, on regarde passer chaque vehicule en nous disant "non ce n'est pas pour nous". Debarque de nulle part une petite bonne femme criant dans la nuit mon prenom. Oui c'est bien moi. Et on embarque dans le taxi le plus petit avec nos sacs direction la gare routiere des collectivos.
On fait connaissance rapidement avec notre hotesse Soledad qui s'averera etre notre guide remplacante d'Edui qui a pris une cuite la veille, puis le "cuisinier" Fabian et nous voila partis pour Colca en collectivo, route d'1h sans encombre. Arrives a la gare des collectivos de Colca, on sort toutes les affaires, puis etrangement on les remets dans le collectivo et on repart. Etrange. Au marche de Colca, Soledad nous enfourne dans un autre collectivo plein, s'est greffee a nous Roxanna, au statut indetermine. Pour monter a Lares, fini la route, rebonjur la piste andine tortueuse. Il est 6h30, tout le monde essaye de dormir tant bien que mal alors qu'on saute et qu'on vrille a chaque bosse, trou et virage, avec un chauffeur fou. J'ouvre un oeil, le sol est recouvert de neige, ca promet... et puis on redescend, et la pluie fait son apparition. Le ciel est couvert, le brouillard file entre les montagnes, on ne voit pas grand chose... On arrive enfin a Lares a 2900m, heureux de sortir de ce vehicule (qui a fini sa course contre un camion mais pas de bobo, juste une portiere enfoncee), mais la mine deconfite de sentir le froid et voir la pluie battre le pave du marche pourtant si joli. Les hommes, les femmes, les enfants sont tous habilles en habits traditionnels... et en sandalles en pneu recycle, avec eventuellement une bache plastique sur le dos pour se proteger de la pluie.
On se refugie au "cafe" du coin dans lequel on prend un petit dejeuner copieux. La matinee doit etre consacree a la baignade, non ce n'est pas une blague ! D'une balade a pied de 30mn pour rejoindre les bains termaux de Lares, on se retrouve dans un nouveau minibus avec l'equipe au complet ou l'on nous apprend qu'on partira cet apres-midi finalement de la-bas. Soledad et Fabian font les courses au marche, les courses dans le minibus et on part pour les bains. Fabian est heureux comme un pape avec son maillot et ses tongs a la main (il doit faire 10 degres a tout casser et il pleut averse) et nous propose de prendre notre maillot. Les bains sont exterieurs... et le peruvien aime se baigner sou sla pluie et dans le froid. On se deshabille, je n'ai aucune envie de grimper cet apres-midi 900m de denivelee avec les cheveux trempes, je tremble de froid, j'abdique... Hugues et Fabian sautent dans l'eau chaude a la couleur de boue, hum !
On retrouve un peu plus tard les filles restees dans le minibus et Fabian nous apprend qu'on ne marchera pas cet apres-midi a cause de la pluie et du terrain glissant, on va donc au campement en minibus. Je rale, si je l'avais su avant, moi aussi j'aurais trempee dans les bains de boue chaude ! Du coup, je suis frigorifiee et Hugues est bouillant ! On repart, on attrape au vol Raimondo, 13 ans, notre arriero (muletier). Le travail des enfants est loin d'etre aboli ici... C'est donc une eaquipe de 4 personnes qui va s'occuper de nous pendant ce trek qui se transforme en raid... c'est un peu disproportionne... On comprend le fin mot de l'histoire. Fabian et Roxanna sont les freres et soeurs de Fidel qui nous a vendu le trek et ils sont venus preter main forte a Soledad, embauche 1h avant de partir... On est donc en famille, et ca promet d'etre rock'n roll...
Les rivieres etant a crue, les passages a gue sont delicats mais ca n'empeche pas notre chauffeur de collectivo de se prendre pour un 4/4 et traverser quand meme ! la piste nous mene finalement a un village typique d'une communaute inca qui parait de prime abord ressembler a un village fantome du moyen age. le collectivo nous laisse sur un terrain vague entre flaques et detritus et l'on prend un peu peur... Mais notre super equipe nous rassure, ceci n'est pas notre campement ! En effet, celui-ci se situe juste derriere le muret apres avoir enjambe des barbeles ! Nous sommes en fait dans la cour/jardin de la famille de Raimondo, notre mini-arriero. A cote de leur maison, une bergerie... pour nous ! A l'interieur, un lit en dur qui se compose de peaux de betes (qui n'ont pas du passer souvent au lavage) sur une armature en bois brandilocante... on decline gentiment en proposant de mettre la tente sur la terre battue juste a cote du lit... et des tas de crottes. De toute facon, on sera mieux que dehors vu le froid !
C'est une apres-midi et une soiree bien singuliere type "Age de pierre" qui nous attend : peche de la truite au filet dans le torrent, sieste (necessaire), repas au coin du feu sur la terre battue, au milieu des cuyes (cochon d'inde), des chats, des chiens, des cochons et d'un capharnaum crepi de suie. Malgre ces conditions difficiles (surtout pour ceux qui vivent la, ils n'ont l'electricite que depuis 1 an), on apprecie de regarder un film de dragons en espagnol sur une mini TV, entoures de toute la famille quechua qui rapplique au fur et a mesure de la soiree. On se dit que c'est vraiment le grand ecart avec le luxe du Novotel de Lima ! On veut du roots, on en a !
Nous sommes sous la tente dans la bergerie qui sent... fort, a 3800m d'altitude, il est 20h30 et il pleut. De quoi sera fait demain ?
JOUR 2 : Il a plu une bonne partie de la nuit mais un vent violent a balaye tous les nuages et laisse place a un grand ciel etoile lors de notre sortie nocturne technique de 3h. Elo, petrifiee de froid n'a rien dormi et c'est le ventre d'Hugues qui servira dorenavant de bouillote a ses pieds geles. Elle jure que c'est la derniere fois qu'elle dort dans une tente a 3800m !
Lever a 6h30, il fait grand soleil. On a un peu de mal a se mettre en route malgre un bon petit dej'. Nous commencons a marcher avec Soledad vers 8h et le ciel est deja couvert... Mais bon dieu, c'est quoi ce pays ou il ne fait beau que la nuit ?! Nous montons doucement mais surement sur un sentier regulier qui nous mene au "paso" (col) Ispaycoche a 4600m. Nous croisons en route quelques troupeaux de lamas menes par des fillettes d'une dizaine d'annee, en sandales. la-haut, il ne fait pas trop mauvais, ca fait plaisir ! Et l'on fait avec Sodedad quelques incantations avec des feuilles de coca a APU, la divinite de la montagne. Scene etrange pour nous mais normale pour les peruviens.
De l'autre cote, 3/4 d'heure plus bas, nous attend notre equipe au bord d'un beau lac glaciaire. Il se met a pleuvoir alors nous faisons un echange gite contre nourriture avec la famille qui occupe une maison inca en surplomb. A 12 dans 15m2, eclaires par le petit feu de bois de la cuisiniere, nous apprecions de manger chaud apres avoir grimpe nos 800m de denivelee en 2h45 ; c'est passe bien mieux que la derniere fois et Hugues se dit qu'il a bien fait d'arreter de fumer ! La piece unique est sombre et enfumee, le toit de paille noircit de suie, les peaux de betes servant de literie laissent place a une terre noire et grasse, et l'on s'assoit sur quelques tabourets et bancs brinquebalants.
Apres le repas, nous allons au bord du lac avec Raimondo et le fils aine de la famille, specialiste lui aussi es-peche. Et la, chapeau ! Soit les vers de terre ont une saveur incoñparable a 4200m, soit la truite peruvienne est suicidaire, en tout cas, en 10mn, ils nous sortent 2 truites de 35cm qu'Hugues aura l'honneur d'achever avec son baton telescopique Decathlon.
On reprend la route, une fois n'est pas coutume, sous la pluie et l'on continue notre descente jusqu'qu village qui nous accueillera pour la nuit. Etrangement, le soleil est revenu mais il pleut toujours. A 15h30, poses au milieu du village sur un tas de terre que l'on partage avec un cochon, on attend le reste de l'equipee sauvage pour connaitre le lieu de notre stop. C'est flou... on debarque finalement dans une maison ou les hotes nous mettent a disposition une cuisine/chambre pour l'equipe et depites par le froid de la nuit precedente, on "loue" un lit simple pour nous deux dans la chambre des enfants, a moins on aura chaud avec nos 4 couvertures dans notre lit de 90cm de large !
On passe une derniere soiree sympathique ensemble a deguster "las truchas" pechees l'apres-midi et delicieuses, on regarde les photos des uns et des autres en se moquant un peu, et a 21h, tout le monde se couche, ereintes.
JOUR 3 : Il est 5h, Soledad tappe a la porte et c'est encore tout endormi qu'Hugues lui ouvre. Plusieurs solutions s'offrent a nous ce matin pour rejoindre Ollantaytambo ou un train pour Aguas Calientes nous attend a 11h30 :
- Marcher environ 3h sur une piste (pas tres agreable)
- Prendre un collectivo dans 30mn (Toussaint = ferie = pas de collectivo dans la journee)
- Couper la poire en deux, collectivo sur la moitie du chemin puis marche d'1h30 pour arriver au village.
On nous predit de la pluie (encore), on choisit la 3eme solution. On a a peine le temps d'enfiler nos vetements imbibes de fumee et terreux jusqu'aux genoux qu'on est deja dans le collectivo !
A 8h30, on est a Ollantaytambo que l'on connait deja et ou il fait grand beau. On deambule au hasard, quelques provisions au marche et un second petit dej', un peu d'internet, un peu d'attente a la gare et on dit au revoir a notre equipe de choc qui a quand meme reussie a bien s'occuper de nous malgre une organisation plus qu'a l'arrache... On grimpe dans le train (beaucoup plus chic que prevu) et... il pleut averse, c'est la mousson peruvienne ! 2h plus tard, on attend le guide Washington qui ne vient pas, heureusement que l'on a pris le nom de l'hotel... Fidel est injoignable. C'est chouette de payer pas cher, au moins il y a de l'inattendu !
On passe au decrassage complet sous la douche chaude que l'on apprecie (on est propre mais on continue de sentir le bouc tellement les vetements sont impregnes). Hugues tente tant bien que mal de regler les problemes (son espagnol est beaucoup plus avance que celui d'Elo). On arrive enfin a prendre le repas de midi a 16h30 qui fait du coup le repas du soir ; a trouver Washington qui ne s'occupe en fait que de la visite une fois au Machu Picchu. Pour le reste, le billet de train et billet de bus pour le retour a Cuzco le lendemain, ca reste encore flou ! Faire preuve de patience et de confiance... et quand on est fatigue, ce n'est pas le plus facile !!! Une bonne nuit dans un lit au chaud et demain reveil a 4h30 pour le fameux Machu Picchu !
JOUR 4 : 4h30, le reveil sonne, on entend une pluie forte... on abandonne l'idee de monter au Machu Picchu a pied (2h de grimpette) et on se recouche. 7 : le reveil resonne, il pleut toujours mais moins fort. On se prepare et on s'entasse dans le bus touristique qui rejoint l'entree du Machu Picchu . pluie et brouillard. On se rend compte au fur et a mesure que l'on doit mettre de cote notre programme (la montee au Wayna Picchu trop glissante, le grimpette au mirador) et on essaye juste de reperer les trouees de brouillard qui nous permettent d'apercevoir cette magnifique cite inca.
A 11h30, Washington nous a convie a une visite guidee, l'occasion d'en apprendre un peu plus sur l'histoire inca et peut-etre que le ciel se decouvrira. Rien de cela... a 11h30, il pleut encore plus fort, le site se recouvre de petits bons hommes et petites bonnes femmes en capes de pluie de toutes les couleurs. La visite est en espagnol, Elo ne comprend rien sinon le titre du chapitre, nous sommes mouilles jusqu'aux orteils et la culotte et pour le moment, nous n'avons couvert qu'un tiers du site. Ca fait 5h que nous sommes la, on a froid, on est enerve, on abdique et on rentre par le bus plutot qu'a pied. La 2eme bonne journee de merde !!!
Retour a Aguas Calientes. On se met a l'abri dans un cybercafe et il reste a regler notre retour en train puis bus car nous n'avons aucun billet... le billet de train est a prendre dans un restaurant ! C'est l'organisation peruvienne, on ne nous a rien explique, tout est a decouvrir au fur et a mesure et ce n'est pas ce qu'il y a de plus logique. On finit par avoir nos billets de train, et pour le bus, et bien on le payera car evidemment, personne ne nous attend "comme prevu" a la sortie du train. Il est 23h, on rentre a Cuzco chez Elena a notre Hospedaje, contents d'etre de retour.
COTE PRATIQUE :
Agence Landscape / Fidel : 220 euros par personne tout inclus y compris Machu Picchu, Wayna Picchu et duvets = ca nous couterait aussi cher de le faire en individuel avec toute la logistique en plus.
On a du rajouter 20s/5euros pour le lit en dur de la 2eme nuit, 84s/21euros de bus pour le Machu Picchu et 20s/5euros pour le bus retour a Cuzco.
4 / TREK SANTA CRUZ Cordillere blanche (4 jours/3 nuits) - 42km - du 18 au 21 oct. 2011 (ecrit par Hugues)
Nous voila donc partis pour effectuer le fameux trek du Santa Cruz, dans la province de l´Ancash. il relie les petit hameaux de Cashapampa (2900m, pres de Caraz), et de Vaqueria (3700m, pres de Yanama), en passant par le col de Punta Union. Perche a 4750m, ce ¨paso¨ doit offrir un panorama somptueux sur un ensemble de sommets glaces de + de 6000m appartenant au parc nationnal de ¨Huascaran¨ (nom du plus haut sommet du secteur, 6768m tout de meme).
Pour louer le materiel de camping, nous nous adressons a Alberto, patron de l´agence ¨Pony Expeditions¨, que nous finirons par appeller ¨not´man¨ a force de pousser sa porte. Il nous donne aussi en effet plein de conseils et d´infos et propose par ailleurs plein de services (comme se prendre une com´ de 25% sur les taxis, mais bon allez, c´est de bonne guerre).
Pour acheter la nourriture, pas de probleme vu qu´on loge juste au dessus du marche couvert de Caraz qui doit bien faire un hectare et demi. Bon, je suis un peu decu qu´Elo ne veuille pas acheter ni de brochettes de pattes de poulet ni de tripes sechees, tant pis, on se replie sur plein de fruits dont la masse totale deteriore deja mon rapport a la vitamone C.
Allez Hop !! tout content de notre formule mi-autonomie, mi-assistance, on embarque dans un taxi collectif pour Cashapampa. Apres 1h30 de rodeo sur piste defoncee, nous embauchons Ronale, un arriero (muletier) et 2 burros (mules). Tous les trois sont jeunes et en pleine sante, et Licho et Negro ont beaucoup plus d´allure que nous avec tout le matos sur le dos...
JOUR 1 : Le trio local part devant ; il fait beau et doux, le sentier monte bien mais pas trop fort pour traverser les gorges qui menent au fabuleux plateau situe 900 m plus haut. Nous avalons les 10 km en 3h45 hors pause dejeuner. La tente a ete montee par Ronale. Peut-etre un peu distrait, il nous dit redescendre illico a la maison pour changer de chaussure et prendre un pantalon de rechange, et etre de retour demain a 6h30 ; quand on a vu qu´il ne blaguait pas, on lui a dit de pas trop se presser quand meme et ¨a demain Ronale¨ comme s´il allait faire un petit tour...
C´est a ce moment precis qu´Elo s´est transformee en Charles Ingals, cherchant et ramassant la moindre brindille a 100m a la ronde pour faire un feu alors que c'est strictement interdit dans le parc, mais beau, mais interdit, mais chaud, mais interdit, mais bon, on nous a trop rien dit. Dans le meme temps, sur le rechaud, c'est creme d'asperge avec des pates. Une fois la reserve de bois bien entamee et 3 debuts d'asphyxie a raviver la braise dans la fumee blanche, on decide d'aller se coucher (s'ensarcophagiser) sous la tente, doucement berces par les aboiements du chien que le groupe avec qui on partage les lieux a ramene de Cachapampa, et qui jappe depuis la tombee du jour a 18h30, il est 21h. Elo a les pieds geles et le sol est bien dur, on tache de dormir en se tournant souvent pour trouver une position pas trop inconfortable, sentiment qui predominera chacun de nos 15 reveils nocturnes.
JOUR 2 : Ronale tapote a la tente vers 6h45, on se leve sans trop de difficulte pour preparer le petit dejeuner et le mate coca que nous prenons ensemble. Puis, allez vite, on fait la vaisselle, on remballe la popotte, les sacs de bouffe, le "lit" et les fringues pendant que Ronale demonte la tente et charge les mules au fur et a mesure.
Ce coup-ci, on part devant pour une longue marche de 14km entre 3760 et 4250 metres dans un fond de vallee rectiligne entre terre et cîmes. Le pas leger, nous bordons lacs et zones humides alimentees par de multiples cascades. Le Talliratu a plus de 6000 metres ponctue le fond de la vallee, et c'est sous l'Alpamayo (la plus belle montagne du monde selon les locaux) sur notre gauche, que commence la difficulte du jour, une marche de 300 metres de haut qui nous paraitra, avec l'altitude, bien plus difficile que le raidillon de la veille.
Le mal des montagnes s'en prend a Elo ; perte de peps, legere nausee mais surtout un mal de tete a faire palir un migraineux : plusieurs barres en travers du cerveau semblent vouloir eclater a chaque pulsation cardiaque, et chaque appui precipite l'organe a se liquefier contre la boite cranienne. Ouais, de la bonne migraine des familles ! Moi ca va, c'est arrive au camp, apres l'effort, que ma tete me fera gouter a son potentiel de douleur. 2 ibuprofenes, 2 heures, 2 tasses de mate coca plus tard, et hop, pleine forme pour aller se laver l'essentiel dans l'eau du ruisseau qui sort du glacier situe 400 metres plus haut. Aïe, ca pique un peu, et on se lave morceau apres morceau. Elo, plus delicate, preferera se rafraichir grace a une casserole d'eau chauffee sous la tente. Bien soulages, on decide de faire a manger avant la tombee de la nuit vu qu'on ne fera pas de feu ce soir et qu'on a qu'une lampe frontale. Ronale est bien content de voir qu'on a 2 poulets rotis, des pates, des soupes, du fromage, des fruits, et plein de pain. On cuisine et on vit a 4 pattes sous la tente ce qui nous aide moyennement a nous decontracter les muscles, mais bon, on va bien dormir ce soir, et demain, c'est la grande recompense.
La nuit est tombee depuis 1h, ce qui a automatiquement mis le chien en mode "j'aboie fort, inlassablement et interminablement pour vous montrer que je peux proteger le camp, et je vous emmerde". On met les boules quies, on applique la methode zen ; rien n'y fait, meme pas l'enorme coup de pied au cul que j'ai mis au chien de 34 centimetres. Il est peut-etre 1h du matin, le chien s'est arrete de japper 1mn 48sec en tout. Il est 3h, le chien, qui appartient a un type de Cachapampa qui doit etre bien content de le voir partir avec chaque groupe de randonneurs, a perdu haleine, ou la vie (peut-etre etrangle par la dame espagnole de l'aute groupe). Nous pouvons dormir quelques heures en revant du magnifique spectacle qui nous attend au reveil.
JOUR 3 : 6h30 : il neige. Apres 3h de sommeil et la mine defaite, on ne voit rien des sommets qui nous entourent. C'est le debut de notre premiere bonne journee de merde. On a du mal a decoller et on emmene la popotte toute sale de la veille. Apres 2 urgences toilettes en 15mn pour Elo, on part a 8h30 sous le gresil change en pluie glacee ; j'ai bien fait de faire l'impasse sur ma cape de pluie et un pantalon de rechange, j'ai les jambes trempees jusqu'au slip.
Elodie, quant a elle, cumule les handicaps : mal des montagne (nous sommes a 4400m), debut de tourista, yeux colles par les lentilles oubliees d'enlever la veille. La progression est lente et douloureuse, mais bon, on ne peut ni rester ici, ni faire demi-tour, alors on tente de mettre le peu de cerveau disponible en mode militaire c'est-a-dire "imagine que tu es a la plage et marche". A 4500m, c'est le soulagement, la pluie se retransforme em gresil, et arrete du coup d'imbiber nos pantalons, ca fait du bien.
On imagine alors la beaute qui doit nous entourer. Et c'est ainsi que nous atteignons courageusement l'altitude honorable de 4750m du col de Punta Union : le vent souffle alors une petite photo vite fait et on circule, y'a rien a voir, les pitons glaces comme des mikos sont pour les passagers aeriens ; je retiens mes larmes.
Contents de ne plus avoir l'impression de respirer a travers une paille, nous abordons une descente disons, delicate. Le gresil redevient rapidement pluie et detrempe froidement nos pantalons qui avaient pu secher a la chaleur de nos cuisses. Je chute alors sur une dalle de pierre trempee me rappelant que j'avais bien une fesse droite. Apres 40mn de descente glissante, la pluis cesse enfin, on en profite alors pour faire une pause dejeuner. On repart sous une bise qui seche nos pantalons, et boum, re-la pluie, puis une eclaircie puis une pluie froide et soutenue qui nous trempe jusque aux os, orteils compris, pendant les 2 dernieres heures de descente. On pense alors a tous les amis qui revent d'etre a notre place, hein les gars ?
Nous croisons alors Ronale qui remonte a notre rencontre sous une bache en plastique bleue, le goretex local. Comme il tombe bien notre ami Ronale ! Il nous annonce que le bivouac est compromis (ah bon ?, tu crois ?) et qu'il nous emmene dans un refuge en dur. Ahhhhhhhhh........... on est mieux au sec et dans un lit qu'a faire cuire la soupe un genou dans une flaque et en se demandant comment faire secher nos vetements. La "chambre" est bien sale et pleine de bestioles mortes et vives, mais qu'est-ce qu'on est content ! Du coup, a 20h15, on dort. Quelle belle journee de merde !
JOUR 4 : bien requinques, on part sous un ciel variable direction Vaqueria ou un collectivo passe a 10h, il y a 2h30 de marche. On decolle a 8h15, c'est chaud. Elodie, qui s'attend a une descente douce ne dit rien pendant le 1er raidillon de 100m, c'est pas bon signe. Elle jettera ses batons en disant "j'en ai plein le C.. !" au cours du 2eme raidillon de 250m, en suant sous sa doudoune...
Allez ! on est a Vaqueria, il est 9h55. Fin du trek dans sa composante terrestre, il faut maintenant retourner a Caraz en collectivo, cela prend normalement 3h, nous en mettrons 5. En effet, a 10h, le collectivo arrive de l'autre sens, il nous invite tout de meme a monter pour etre sur d'avoir une place au retour. On dit au revoir a Ronale et direction le terminus ou l'equipage prend son dejeuner et charge 18 personnes dans 10m2. Et nous voici au point de depart 2h15 plus tard, on peut enfin rentrer par une route, pardon, une piste, tres... andine. Nos fessiers ont suivi une longue sinusoïde irreguliere ponctuee par une multitudes de rencontres avec la banquette. Passe le col a 4767m, nous entamons une descente vertigineuse sur Yangay. Elodie prie que le chauffeur ne soit pas suicidaire a la vision des peut-etre 40 lacets que l'on apercoit de temps en temps a travers le brouillard. Je me dis quant a moi que je la ferais bien a ski, puis non, elle est trop raide. On prend notre mal (de fesses) en patience et rentrons a la maison, dans notre chambre au dessus du marche. Il est 17h, on pose le matos chez Not'man, une douche meme pas chaude, une soupe, et au lit, on l'a pas vole !
Conclusion... le comble du randonneur : demander a son retour a d'autres randonneurs (en l'occurence 2 suissesses) qui sont partis un jour plus tot des photos de la vue de Punta Union. Et c'est beau.
COTE BUDGET (pour 2):
COTE BUDGET (pour 2):
- Location du materiel 240s
- 1 muletier + 2 mules 300s (pour 5 jours, 1 jour retour)
- 2 entrees du Parc National 130s
- Nourriture 120s
- Trajets en collectivo Caraz-Cachapampa Vaqueria-Caraz 54s
- Nuit en refuge 20s
soit 864s, environ 240 euros pour 2.
Pour info, partir en autonomie aurait coute environ 90 euros, et par agence 400 euros.